Réflexion féline

Par danielle, le 20 mai 20121 commentaire

Sonny Bunny.jpg


On m'appelle Pacha. Je suis un Himalayen, ce qui signifie que je suis magnifique et que j'ai droit à tous les égards. Pourtant, malgré mes protestations, ma juste revendication à être traité selon mon rang, je ne récolte que moulée insipide, caresses distraites et des tonnes d'incompréhension.


À mon âge, je ne changerai pas, mes demandes sont claires et non négociables. J'exige que l'on s'occupe de moi, que l'on me cajole et me regarde avec dévotion. C'est la moindre des choses pour les humains qui ont le privilège de vivre en ma présence. Alors je proteste, je réclame à grands cris un peu de considération. Je suis tenace et je persiste, ce n'est pas moi qui abandonnerai. Je ne comprends pas comment, elle, la seule femelle humaine de la maisonnée a pu changer en si peu de temps.


Au début, elle me gratifiait de caresses généreuses, de regards admiratifs. À l'époque, elle ne vivait pas toujours sous mon toit. C'était le doux temps de nos fréquentations. Puis, elle est venue s'installer à demeure et graduellement les choses ont changé. Elle m'a pris en grippe pour je ne sais quelles raisons. N'a-t-elle pas conscience de l'honneur que je lui fais, elle que j'ai élue comme ma préférée? Nul mouvement de gratitude, au contraire, elle me néglige au profit de deux sangs mêlés, une obèse et un pelé de surcroît. Alors que moi, le splendide aux longs poils soyeux, aux yeux bleu saphir, je pâtis comme un misérable dans l'espoir d'une miette d'attention. C'est honteux !


À l'évidence, n'avons-nous pas mille raisons de nous soutenir ? Je me fais vieux, elle, est souvent ralentie par des traitements qui la laisse sans force. Nous pourrions partager notre chaleur en bonne intelligence, notre sommeil et nos rêveries tendrement mêlés... Eh bien non ! Elle me repousse et s'active aussitôt qu'elle le peut. Moi, je la somme de s'arrêter, de revenir à la douceur du lit, là où elle pourrait s'occuper de moi, me tenir compagnie et se reposer bien sagement. Oh, bien sûr, certains jours elle n'a pas le choix de s'allonger, mais c'est souvent dans ces moments-là qu'elle pousse l'outrage jusqu'à me fermer la porte au nez. C'est inconcevable !


Je persiste tout de même à l'aimer, je ne peux faire autrement, même si je suis scandalisé par son attitude. Elle doit comprendre où est sa place: à mes côtés. Tant qu'elle ne le réalisera pas, je le lui répéterai, répéterai, répéterai. Les humains sont parfois stupides et ne voient pas ce qui est évident: c'est MOI le maître de la maison.



Mots clés : aucun
Classé dans : mots

Commentaires

#1 • Le 08 juin 2012 à 03:29, Ismaël a dit :

Haha, j'adore ce texte :)

Ecrire un commentaire




Quelle est la première lettre du mot tqjeq